Un Noël pas si joyeux…

Cette photo date de l’année dernière, car cette année je ne suis pas dans un mood aussi joyeux pour Noël…

Noël… Ce jour si spécial pour certains… 
À l’heure où j’écris ces lignes, la majorité d’entre vous sont en train de fêter Noël en famille.
Malheureusement, je fais partie de ceux et celles qui ne vivent pas Noêl de cette façon. 

Quand j’étais petite, à l’époque où je croyais encore au Père Noël, Noël était vraiment un moment magique. J’étais fascinée de retrouver mes jouets sous le sapin et surtout de voir que le Père Noël avait mangé la part de gâteau et bu le verre de lait que je lui avais laissé sur le rebord de la fenêtre.
Dès fois je suis nostalgique de cette époque et ma naïveté me manque.

Plus tard, ça s’est compliqué. Mes parents ont divorcé et je devais passer un Noël sur deux chez mon père.
Mon père, cette personne avec qui j’entretien une relation assez inexplicable je l’avoue, tout ce que s’éloigne d’une relation père-fille.
Ça c’est un autre sujet et peut-être qu’un jour je vous raconterai cette partie de ma vie.

Pour en revenir à Noël, les années où je le passais avec ma mère tout allait très bien mais lorsque je fêtais Noël chez mon père en Italie, c’était autre chose.
J’étais là sans y trouver ma place, avec ce sentiment d’être arrachée à ma mère juste parce que c’était comme ça et non parce qu’on avait envie que je sois là.
J’avais l’impression d’être une pièce rapportée, d’être l’intrue.
Mon père travaillait souvent pour Noël, alors je restais seule avec ma belle-mère et mon demi-frère.
Je voyais mon petit frère gâté de cadeaux, il avait tout ce qu’il avait demandé quand moi j’avais une « petite attention » (d’ailleurs on ne peut même pas appeler ça une attention puisque c’était souvent un cadeau sans attention ni intention, comme s’ils avaient pris la première chose qui leur tombaient sous la main et qu’ils l’avaient emballé à la dernière minute histoire d’avoir quelque chose à « m’offrir ». Ça pouvait être le porte clé reçu en cadeau à la caisse du supermarché ou le cadre photo gagné avec les points de la lessive. Voilà, le genre de cadeau que mon père pensait que je méritais.). 

Je n’ai jamais été jalouse de mon frère, je ressentais plutôt de l’incompréhension et un sentiment de ne pas être à la hauteur pour mériter un cadeau, un vrai. Vous savez celui qui est fait avec le coeur dans l’intention de faire plaisir à sa fille.
D’ailleurs mon père ne m’a jamais fait de cadeau digne de ce nom. Le seul cadeau qu’il m’a acheté anniversaire et Noël réunis, était un miroir grossissant qui s’allume lorsque j’avais 16 ans (je l’ai encore aujourd’hui et impossible de m’en séparer).
Je parle de cadeaux car, surtout à cet âge (de mes 6 à mes 13 ans), c’était tout ce qu’il me restait pour espérer recevoir une preuve d’amour de la part de mon père. Car les signes d’affection de sa part n’existaient clairement pas.

En Italie, mes oncles (les frères de mon père) et ma grande tante m’apportaient beaucoup plus d’attention et d’affection que mon propre père… D’ailleurs, les vrais cadeaux, ceux faits avec le coeur, je les recevais plutôt de la part de la famille de mon père. 
Mais s’ils avaient le malheur de m’offrir de l’argent, alors je n’en voyait jamais la couleur, puisque mon cher père trouvait le moyen de me le voler pendant que je dormais…

Bref, vous voyez un peu le personnage qui me sert de père aujourd’hui et vous comprendrez que lorsque j’ai grandi et été en mesure de choisir si oui ou non j’avais envie d’aller chez mon père à Noël, j’ai décidé de ne plus y retourner.

À partir de mes 18 ans, j’ai donc fêté tous les Noël en France avec ma famille (pour moi ma « vraie » famille, c’est celle du côté de ma mère).

Pendant des années nous avons fêté Noël chez mes grands parents. J’en garde de très beaux souvenirs. 
Dans ma famille on ne fait pas de chichis, il n’y a pas de beaux couverts et de belles assiettes pour Noël, personne ne se met sur son 31. Rien d’Instagrammable dans tout ça haha! Je suis issue d’une famille (très) modeste et on ne s’offre pas non plus de cadeaux pour Noël. 
Mais ce jour-là, on était ensemble et c’est tout ce qui comptait.
Mon papy avait parfois un petit coup dans le nez, ça finissait souvent en enguelade avec ma grand-mère, nous ça nous faisait mourir de rire. Au moins il y avait de l’ambiance! 

Mais il y 5 ans, en 2015, mon papy nous a quitté, et malheureusement son départ a chamboulé notre famille qui s’est complètement dissociée…
D’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi les décès séparent les familles plutôt que de les souder :(.
Depuis que mon grand-père n’est plus là, Noël n’est plus pareil. Je me rends compte aujourd’hui qu’il était le ciment de notre famille.
Même s’il n’était pas toujours très bavard, il était là et sa présence me manque terriblement. 

Ces 5 dernières années, je fêtais donc Noël chez ma mère avec mon beau-père, Sam et parfois ma grand-mère.
Mais un autre évènement est venu bouleverser ma famille cette année : ma mère a divorcé de mon beau-père. Malgré le fait que j’ai 30 ans, cela a tout de même été un chamboulement dans ma vie. J’ai le sentiment de devoir me réadapter en permanence. Apprendre à accepter sa nouvelle vie, notre nouvelle vie.

Alors cela réduit encore la famille pour Noël. Hier soir nous n’étions que trois.
Ma mère ne voulait même pas fêter Noël car elle n’a jamais vraiment aimé cette fête, elle l’a toujours fêté avec moi et notre famille pour nous faire plaisir.
On a mangé ensemble “histoire de”, mais pas de féérie de Noël pour moi.
Pour vous dire, je n’ai même pas fait de sapin cette année. L’envie n’y était pas.

Alors forcément, face à cette abondance d’amour et de joie, des jolies tables de Noël et des tenues qui brillent de mille feux sur les réseaux sociaux, j’ai l’impression de dénoter un petit peu.
À vrai dire je n’ai aucun sentiment d’amertume. Je n’envie pas les autres, leur bonheur en famille me fait chaud au coeur. C’est juste que cette année, l’envie de mon côté n’y est pas.

Mais malgré tout, je peux comprendre que tous ces posts peuvent affecter ceux qui se sentent seuls. C’est pour ça que j’ai eu envie de me livrer et d’écrire cet article. Pour vous dire que la vie derrière un compte Instagram, n’est pas si rose et si parfaite qu’on ne le pense.

J’avoue avoir eu un léger sentiment de honte au départ. Car au milieu de cette vague d’amour et de Noël parfaits sur Instagram, j’ai l’impression de ne rien avoir d’intéressant à partager et à vous apporter à cette période et ce depuis le début du blog.


Noël chez moi, n’a rien de féérique et chaque année, j’appréhende cette question « alors tu as été gâtée? Tu as eu quoi pour Noël? ». Car comme je vous l’ai dit, je suis issue d’une famille modeste et les seuls cadeaux que je reçois sont celui de ma maman et de Samuel (mon père est hors game depuis longtemps vous l’avez compris). 

Mais aujourd’hui j’ai envie d’assumer et de vous dévoiler cette partie de moi. C’est d’ailleurs la première fois que je vous parle de mon enfance et de ma famille.
Je ne suis sûrement pas la seule à avoir l’impression d’être en décalage avec la terre entière aujourd’hui.

Pour tout vous dire, aujourd’hui 25 décembre, jour de Noël, je suis toute seule chez moi. J’aurais pu aller avec Sam dans sa famille mais j’ai décidé de rester ici car je voulais tout de même rester pour ma mère hier soir.
À l’heure où j’écris ces lignes, je suis en train de manger un bol de Chocapic dans du lait chaud (mon petit plaisir).
Mon programme du jour va être de rester en pyjama, démaquillée sur le canapé devant Netflix et d’essayer de me reposer. 
Et vous savez quoi? Ce programme ne me déplaît pas finalement, j’y vois une journée pour moi pour me reposer et déconnecter (chose que je m’accorde rarement).

Mais je voulais aussi profiter de ce répit pour vous raconter mon ressenti sur cette jolie fête de famille.

Si je peux vous donner un conseil, ne vous comparez pas à ce que vous voyez sur Instagram. Votre vie vous appartient et heureusement qu’elle n’est pas comme celle des autres. C’est ce qui la rend plus intéressante.
Et surtout n’oubliez pas que l’on ne montre que ce que l’on veut montrer sur les réseaux sociaux. 

Je vous souhaite un Joyeux Noël malgré tout, si vous le passez en solo de votre côté aussi, ne déprimez pas car vous voyez, vous n’êtes pas seul(e)s !! 

Et pour ceux et celles qui le passent en famille, profitez bien de vos proches, c’est le cadeau le plus précieux que l’on a dans nos vies.

Je vous fais de gros bisous!